Synthèse des résultats

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Sont également accessibles les résultats de chaque atelier citoyen, les avis des associations et les réactions du Ministre de l’Aménagement du territoire lors de la rencontre du 16 janvier organisée avec les citoyens ayant participé aux ateliers.

La participation à la démarche

La participation à la démarche

La démarche des « Ateliers du territoire » a mobilisé près de 1 200 personnes. 950 personnes ont formulé un avis via les questionnaires mis en ligne sur le site internet et 235 personnes ont participé activement aux ateliers citoyens, organisés de manière décentralisée par les Maisons de l’Urbanisme. Une cinquantaine de conférences-débats ont été organisées. En dehors de ce cadre, plusieurs associations ont également formulé un avis assorti de propositions : Inter Environnement Wallonie, Mouvement Ouvrier Chrétien, Union Wallonne des Entreprises, Fondation Rurale de Wallonie, Union Wallonne des Architectes asbl, Chambre des Urbanistes de Belgique, Maison de l’Urbanisme Famenne Ardenne (avis des communes affiliées à la MUFA), Conseil wallon de l’égalité entre Hommes et Femmes et RéseauLux.

Une campagne de communication a contribué à sensibiliser le grand public, via la presse et des spots radios. Le slogan « L’aménagement du territoire ça vous intéresse » a en particulier été très bien accueilli. Des fiches de vulgarisation des enjeux ont également été consultées sur le site « Les Ateliers du territoire.be », qui a reçu au total près de 10 000 visites.


Mais cette démarche se distancie d’un sondage d’opinion par le fait qu’elle ne se veut pas l’expression d’un échantillon représentatif de la société. Il s’agit avant tout d’organiser un espace de débats et de délibérations afin de produire des avis et recommandations originales sur les enjeux posés par rapport aux territoires wallons. La démarche doit contribuer à éclairer les autorités régionales sur les différentes perceptions de la politique d’aménagement du territoire telle qu’explicitée par « les lignes de force pour le 21ième siècle ».

Néanmoins, compte tenu des contraintes cadrant la démarche participative, celle-ci a essentiellement touché des personnes soit déjà sensibilisées aux enjeux territoriaux ou environnementaux, soit qui possèdent un bagage de connaissances suffisant pour les appréhender. Quatre-vingt pourcent des particuliers ayant répondu au questionnaire en ligne sont universitaires ou diplômés de l’enseignement supérieur. Le dispositif mis en place n’était pas adapté à un public précarisé. Cela n’enlève rien à l’intérêt de la démarche comme l’ont souligné de nombreux participants. Par ailleurs, les résultats démontrent que les ateliers du territoire n’ont pas touché un public a priori acquis à l’ensemble des « lignes de force ».

On constate également une forte représentation masculine (près de 60%) ainsi qu’une implication marquée de personnes affiliées déjà à différentes associations. C’est dans le milieu rural que la participation a été la plus importante (45% des participants) démontrant l’importance des enjeux de la ruralité. Par contre, comme dans d’autres opérations participatives (enquêtes, colloques, …) la démarche a touché très peu de mandataires politiques. Ils ne sont que 35 à avoir rempli le questionnaire.

Bien que des remarques intéressantes ont été postées dans le forum, celui-ci n’a pas suscité une forte participation.

Les résultats

Les résultats de cette démarche doivent permettre aux autorités régionales de se positionner sur la politique d’aménagement du territoire à développer. Ils contribueront également aux travaux d’actualisation du schéma de développement de l’espace régional (SDER) et à la modification de la législation (CWATUPE).

Les défis énergétiques et climatiques

La nécessité de faire face aux défis énergétiques et climatiques n’est pas fondamentalement remise en cause. Néanmoins, il faut relever certaines nuances. Pour 31% des répondants au questionnaire, il ne va pas de soi que la réduction des déplacements permette de lutter efficacement contre les changements climatiques et ils ne sont que 50% à partager entièrement la thèse du « pic pétrolier » annonciatrice d’une diminution de nos ressources énergétiques.

Si tout le monde semble d’accord sur le fait que la politique d’aménagement du territoire doive participer à rencontrer ces défis, il faut relever l’accent mis dans les débats sur l’importance d’encourager la créativité et l’innovation et notamment les évolutions technologiques. Etre créatif et innovant permettrait d’accompagner les changements et d’assurer la transition.

Les défis démographiques et sociaux

On peut d’abord relever que les défis démographiques sont moins bien connus que les défis environnementaux. Les conséquences de l’augmentation de la population d’ici 2050 nécessiteraient par exemple d’être mieux expliquées. Il est cependant admis que les habitudes de vie vont changer et que les critères de choix notamment en matière de logement vont évoluer. C’est ainsi que 26% des répondants au questionnaire estiment que la proximité de services et d’équipements deviendra le premier critère pour choisir son lieu de vie alors que la proximité du réseau autoroutier n’obtient que 4%.

Mais plus fondamentalement, un des premiers constats qui ressort des ateliers est que la politique d’aménagement du territoire ne peut se construire sans référence à d’autres politiques, notamment les politiques sociales ou de santé. La question des liens sociaux, des solidarités qui influent sur le choix du lieu d’habitation ou encore de l’accessibilité aux logements dans les zones dites à haut potentiel a souvent été évoquée dans les débats. L’impact social des orientations proposées est donc à prendre en compte. A ce propos, la maîtrise foncière apparaît comme indispensable pour que la politique d’aménagement du territoire du XXIème siècle ne soit pas discriminatoire. Cette orientation reçoit le soutien des ateliers tout en relevant la complexité de cette matière et la difficulté d’une part de la mettre en œuvre et d’autre part d’en contrôler les dérives.

Les transports en commun

La question de la réorganisation des transports en commun suscite de nombreux débats. De nombreux participants ont rappelé que les transports en commun devaient rester un service public accessible au plus grand nombre. Quant à la nécessité de réorganiser les réseaux, l’orientation dominante (64% des répondants au questionnaire et tendance majoritaire dans les ateliers) est qu’il faudrait privilégier un réseau de lignes de bus où les moyens sont concentrés sur les grands axes et les centres des villes et villages, avec une augmentation de la fréquence.

Dans les ateliers, une majorité se dégage néanmoins pour estimer que dans les zones peu ou pas desservies notamment en milieu rural, des nouvelles alternatives sont à développer afin de ne pas pénaliser les populations originaires de ces zones ou qui n’ont pas fait le choix d’y habiter.


La possibilité de supprimer une voiture du ménage

A la question « A quelles conditions seriez-vous prêts à supprimer une voiture dans votre ménage », - question non abordée dans « Les lignes de force pour le 21ème siècle » - la première condition est l’accessibilité à un transport en commun en ce y compris une diminution du coût. Cette question fait cependant l’objet de nombreux commentaires. Ainsi est notamment relevée l’incohérence des politiques publiques menées qui d’un côté prévoient la rationalisation des transports en commun, perçue comme une diminution de la qualité du service, et qui d’un autre côté estiment le report modal vers les transports en commun indispensable pour atteindre les objectifs fixés notamment sur le plan énergétique.

Au-delà de cette question particulière, l’importance des questions de gouvernance (en terme de cohérence) et de transversalité (les liens avec les autres politiques) ainsi que des contradictions perceptibles entre théorie et réalité sont régulièrement apparues dans les débats. Ainsi vouloir développer dans le contexte actuel une politique d’aménagement du territoire qui se base en grande partie sur la capacité des transports en commun d’offrir une mobilité dite durable est pour certains illusoire.

L’usage de la marche et du vélo

Un large consensus se dégage sur la nécessité de diminuer la présence de la voiture dans les centres afin de libérer des espaces pour améliorer le confort des cyclistes et des piétons mais aussi pour permettre aux transports en commun de mieux circuler. Cette orientation est soutenue à condition de mettre en œuvre des mesures d’accompagnement (parking de délestage, politique de stationnement, …).

Néanmoins, 38 % des particuliers ayant répondu au questionnaire ne veulent pas parcourir plus de 700 mètres à pied pour prendre le bus ou le train.

L’usage du vélo est plus partagé, avec notamment près de la moitié des répondants prêts à parcourir trois kilomètres pour aller prendre le train et le bus. Cette dernière orientation est essentiellement partagée par les personnes vivant en milieu urbain et par les moins âgés.

Dans les ateliers, la complexité de la mobilité quotidienne, essentiellement celle des femmes, est un frein souvent évoqué pour expliquer la difficulté de se déplacer à pied ou à vélo.


La réduction des distances domicile/travail et le télétravail

Bien que soutenue majoritairement dans les ateliers, de nombreuses réserves sont émises par rapport à la réduction des distances domicile/travail, orientation considérée comme peu ancrée dans la réalité sociale, économique et sociologique. De plus les déplacements domicile/travail ne représentent qu’une partie des déplacements. Ce n’est donc pas une orientation qui est jugée prioritaire.

Plus des trois-quarts des répondants (78 %) au questionnaire pensent que le télétravail est une solution pour diminuer les déplacements à l’avenir. Dans les ateliers cette orientation est également soutenue pour autant qu’il s’agisse de développer des centres de télétravail, des bureaux décentralisés ou encore des espaces de co-working. L’aspect social ne doit pas être oublié.


La lutte contre l’étalement urbain

La lutte contre l’étalement urbain qui est au centre des « Lignes de force pour le 21ième siècle » est dans son ensemble partagée. Quant aux conséquences, dans l’ensemble, la question des coûts pour la collectivité induits par l’étalement n’est pas jugée comme la première préoccupation. Les atteintes au réseau écologique, le mitage du territoire et l’altération des paysages sont vus comme les conséquences les plus importantes par plus de 60 % des répondants que ce soit en milieu urbain ou rural.

La densification

Plus de 80 % des répondants au questionnaire sont d’accord avec l’idée qu’il faut densifier l’habitat et plus particulièrement près des services et des nœuds de transport. Généralement considérée comme intéressante et soutenue par une majorité des participants, l’idée de la densification nécessite cependant des éclaircissements. Le souhait de la poursuite du débat sur le sujet de la densification est assez général.

Pour beaucoup, il ne s’agit pas de densifier pour densifier, mais de densifier en tenant compte des histoires locales. Le sentiment s’est exprimé dans plusieurs ateliers d’une absence de la dimension humaine des projets de vie des territoires dans les orientations proposées. En outre, cette densification ne doit pas se faire au détriment de la qualité de vie, de la convivialité ou de la sécurité. C’est bien la concrétisation sur le terrain de cette option qui est questionnée.

Quant aux seuils proposés, s’ils semblent correspondre aux densités acceptables en milieu urbain, ils sont plus discutés en ce qui concerne les villages. Relevons que les professionnels sont majoritairement d’accord avec les seuils proposés. Des explications plus détaillées sur la manière de calculer et surtout de contrôler ces seuils de densité sont également souhaitées.

La détermination des territoires à haut potentiel

En lien avec la politique actuelle de délimitation des noyaux d’habitat, une attention particulière est demandée pour définir finement ces territoires. Cette détermination doit privilégier la concertation avec les usagers de ces territoires et pas uniquement avec les acteurs institutionnels. Il a par ailleurs été relevé que les « Lignes de force pour le 21ième siècle » introduit un nouveau vocable alors que la notion de noyau d’habitat peut être assimilée à la notion de territoire à haut potentiel.

Densifier le territoire en fonction de zones concentriques : le centre, la partie accessible à pied et la partie accessible à vélo est une orientation soutenue majoritairement mais avec beaucoup de nuances. La notion de « centre » en tant que telle n’est pas claire et donc sujette à débat. Selon des participants, cette orientation doit tenir compte des spécificités locales (histoire, topographie, polycentrisme ...), prendre en compte les personnes âgées ou à mobilité réduite et être accompagnée de mesures adéquates en termes de mixité sociale, de partage de l’espace public et d’amélioration des transports en commun.

Les nouvelles formes d’habitat

D’une manière générale, l’idée suivante est partagée : les maisons mitoyennes et dans une moindre mesure les appartements seront les principaux types d’habitat de demain. Dans les ateliers, les participants se disent conscients que la villa 4 façades reste pour beaucoup l’aboutissement d’un projet de vie et que les évolutions ne pourront donc se faire que progressivement vers le mitoyen et le collectif. C’est ainsi qu’à la question « Dans quel type d’habitat accepteriez-vous le moins de vivre ? » plus de la moitié des citoyens (58 %) ont répondu ne pas vouloir vivre dans un appartement avec cependant une acceptation plus grande en milieu urbain qu’en milieu rural.

Il est également demandé de respecter le choix des personnes en situation précaire notamment les personnes qui habitent dans l’habitat permanent en zone de loisirs. La politique territoriale doit tenir compte de cette diversité de parcours de vie. Une crainte exprimée est de voir disparaître ces formes d’habitat particulières dans la mesure où elles ne correspondent pas aux orientations fixées par les « Lignes de force pour le 21ième siècle ».

Il serait aussi intéressant d’encourager les formes moins habituelles d'habitat (intergénérationnels, groupés, communautaires, ....) ou encore de favoriser fiscalement la colocation.

Les nouvelles formes d’habitat sont également à associer à de nouvelles expressions architecturales. L’orientation des « Lignes de force pour le 21ième siècle » qui souhaite favoriser de nouvelles formes d’architecture amène beaucoup de questions au sein des ateliers. L’idée est accueillie favorablement et avec un certain enthousiasme dans une perspective de liberté individuelle et une volonté de rompre la monotonie mais cela ne signifie pas que tout soit acceptable. La question de la prise en compte du patrimoine au sens large, y compris paysager, reste entière.

L’implantation des bureaux

Encourager l’implantation des bureaux près des gares est une orientation soutenue sous condition d’amélioration du réseau de transport en commun et que les noyaux d’habitat près des gares intègrent une mixité des fonctions. La crainte de voir des quartiers monofonctionnels se développer est relevée. Cette implantation doit aussi être encouragée auprès de nœuds de transport qui ne comprennent pas de gare notamment en milieu rural.

La localisation des grandes surfaces commerciales

La question de la localisation des grandes surfaces reste très partagée. Parmi l’ensemble des répondants au questionnaire, 44 % pensent qu’il ne faut pas autoriser les grandes surfaces en périphérie des villes et des villages et 56 % estiment qu’il faut autoriser les grandes surfaces en périphérie avec des nuances selon le type de magasin.

Ces orientations ont également fortement été débattues au sein des ateliers avec des positionnements assez différents. S’il y a accord général pour dire qu’il faut encourager les services de proximité au centre des noyaux d’habitat, la question des centres commerciaux est discutée selon le type et la taille du commerce mais aussi l’accessibilité. Des avis se sont exprimés pour ne pas poursuivre la politique du passé mais sans exclure totalement la possibilité de développer certains centres commerciaux en périphérie.

La ruralité

Les propositions des « Lignes de force pour le 21ième siècle » sont ressenties par une majorité de participants comme orientées vers le milieu urbain ou périurbain mais peu vers le milieu rural. La place de la ruralité serait traitée « en creux ». S’il y a accord sur le recentrage sur les noyaux d’habitat, la demande est de tenir compte d’une réalité plurielle et d’intégrer dans ce nouveau projet de vie une perspective d’avenir pour le milieu rural.

Le recentrage de l’habitat ne doit pas se faire non plus au détriment des villages et zones rurales existants. Sur le plan économique, on relèvera que 70 % des répondants au questionnaire pensent qu’il faut développer des zones d’activités dans les territoires ruraux.

Notons que cet avis n’est pas partagé par tous les participants. Le principe d’une décentralisation de services, d’emplois ou autres activités en milieu rural est considérée par certains comme ne répondant pas aux défis du XXIème siècle.

Par ailleurs, les orientations proposées traitent peu des enjeux liés à l’agriculture en général, qui sont pourtant jugés importants. En réponse au questionnaire, trois-quarts des répondants pensent que nous pourrions, un jour, manquer de bonnes terres agricoles pour répondre à nos besoins alimentaires.

Les bassins de vie

Une réflexion à une échelle plus globale dépassant les territoires communaux en fonction des projets ou des thématiques abordées est largement soutenue. La quasi-totalité des répondants (91 %) au questionnaire sont d’accord avec cette idée. Cette réflexion doit porter sur les coopérations entre communes, les enjeux supra-communaux (mobilité, contrat de rivière, développement d’infrastructures, développement économique, articulation entre ville, périphérie et campagne ….).

La notion de bassin de vie est cependant discutée ou dans certains cas contestée. Sa définition apparaît comme intuitive ou à l’inverse uniquement de type statistique et peut ne pas concerner toutes les catégories de population. Pour certains, elle apparaît aussi comme un concept idéologique essentiellement adapté aux modes de vie des classes moyennes disposant de facilités en matière de mobilité. Développer ce type de politique ne permettrait pas de rencontrer les besoins et les modes de vie des personnes les plus précarisées.

Les politiques à mener dans les lieux centraux

Concentrer les moyens publics (primes aux nouveaux logements, logements sociaux, services publics, …) dans les centres et les lieux à proximité des services et des nœuds de transport provoque une certaine perplexité lors des débats des ateliers. Cette option est accueillie plus favorablement par les personnes ayant répondu au questionnaire (68% d’avis favorable). Cette orientation ne devrait pas se faire au détriment d’autres milieux (désinvestissement des services publics en zones rurales par exemple, ...) et ne doit pas favoriser la spéculation ou être un effet d’aubaine pour certains acteurs immobiliers. Elle pose également la question des moyens publics qui pourront être mis à disposition.

Complémentairement aux mesures incitatives, les mesures réglementaires reçoivent le soutien des participants aux ateliers. Elle paraît comme la première mesure dans les réponses au questionnaire (38%). Plusieurs participants aux ateliers insistent pour que des espaces de liberté soient maintenus et pour qu’il n’y ait pas pléthore de règles.

Limiter l’offre foncière en dehors des centres reçoit aussi un avis plutôt favorable dans la plupart des ateliers mais avec une demande de cadrage forte pour éviter des dérives notamment l’exclusion des personnes les plus précarisées. Notons que des oppositions pour des raisons de liberté individuelle se sont exprimées dans plusieurs ateliers.

D’une manière générale, on comptabilise autant de répondants d’accord (40 %) que de répondants pas d’accord (42 %) avec l’idée que les pouvoirs publics devraient avoir la possibilité d’acquérir d’autorité les terrains les mieux situés. Dans les ateliers, la notion « d’autorité » dérange plusieurs participants ainsi que les risques d’arbitraire.

Les niveaux de prise de décision

D’une manière générale, près de la moitié des répondants (45 %) pensent que c’est la Wallonie qui est le niveau de pouvoir le plus adapté pour mettre en place les mesures afin de recentrer l’habitat. Les avis sont cependant assez différents entre les urbains et les ruraux. Cette perception différente émane également des débats des ateliers.

C’est ainsi que plus de 50 % des urbains pensent que la Wallonie est le niveau de pouvoir le plus adapté alors que les ruraux sont moins de 40 %. Les urbains sont moins nombreux que les autres à penser que le niveau « groupe de communes » pourrait être un niveau de pouvoir adéquat. Inversement, les ruraux sont plus nombreux que les autres à croire que le niveau communal est le niveau de pouvoir le plus adapté.

Mais de manière générale, c’est un souhait de clarification qui est exprimé. La nécessité de mieux définir « qui décide de quoi » et selon quels critères est jugée comme un préalable nécessaire.

Les conclusions

Conclusions de la démarche

Organisés de mai à octobre 2011, les Ateliers du territoire constituent une première, en termes de sensibilisation et de participation en aménagement du territoire. Les Maisons de l’Urbanisme, les associations et les citoyens participant aux ateliers ont salué l’intérêt de cette approche. Des attentes importantes ont été exprimées par les participants quant à la suite qui sera réservée à leurs avis.

Certaines critiques ont été exprimées : délais très courts pour permettre aux associations d’éducation permanente de mener un travail de fond, questionnaires trop fermés et orientés, publicité insuffisante auprès de certains publics. Compte tenu des délais impartis, le public qui a participé activement à l’opération est assez averti et majoritairement universitaire. Ces remarques doivent être prises en compte pour une prochaine opération de ce type.

Cela n’enlève en rien l’intérêt du processus. Il a conduit à une large sensibilisation de la population au travers des médias, des fiches de vulgarisation sur le site web et de nombreuses conférences-débats. Il a permis une participation active de 1 200 personnes et d’une cinquantaine d’associations, qui ont formulé un avis.

Les options d’aménagement du territoire défendues dans les « Lignes de forces pour le 21ème siècle » sont partagées même s’il est demandé de les nuancer et de les compléter. En particulier, la politique de densification et de détermination des noyaux d’habitat, soutenue à 80% des répondants, demande à être davantage précisée. Des mesures doivent être prises pour prendre davantage en compte le monde rural. La préservation des campagnes constitue également un enjeu à accentuer.

Les conclusions des Ateliers du Territoire, par la diversité des participants et la richesse des débats permettront certainement d’alimenter les réflexions des prochains mois sur l’aménagement du territoire.
Namur, le 28 octobre 2011.