Jean, jeune agriculteur qui vient de reprendre l’exploitation familiale, est informé qu’une partie de ses terres sera expropriée pour permettre l’extension d’une zone d’activité économique. Il vit avec son frère qui cherche un emploi dans la région depuis six mois.
Jean explique : « Mes parents disaient toujours que nous nourrissions tout le voisinage. Aujourd’hui, cette image ne correspond plus vraiment à notre situation. Je produis de la nourriture, mais je ne sais pas quelle proportion de celle-ci se trouve dans l’assiette des habitants du village. Mon métier évolue, devient de plus en plus complexe et l’Union Européenne nous demande de prendre progressivement en compte les écosystèmes. Demain, ce seront les paysages, comme si nous ne nous en étions jamais occupés….. Chaque année, nous sommes de moins en moins nombreux et je viens d’être exproprié d’une partie de mes terres pour y installer des entreprises. D’accord celles-ci ont besoin d’espace pour se développer, d’ailleurs, mon frère espère y trouver du travail mais n’aurait-on pas pu établir ces entreprises près des villes ? »
Les régions rurales d’Europe et, en particulier de Wallonie, nourrissent les populations par leurs productions agricoles et fournissent des emplois en nombre croissant après des décennies de baisse. Elles abritent la plus grande part de la biodiversité du continent, contribuent de manière décisive à sa conservation, et elles remplissent la majorité des fonctions écologiques qui assurent le renouvellement du patrimoine naturel (recharge des nappes aquifères, fertilité des sols, épuration, production d’énergie renouvelable…). Elles présentent une très grande variété de paysages, sont riches d’une culture originale et constituent le capital sur lequel repose une part notable des activités du tourisme et des loisirs.
Avant les années 1950, il semblait aisé de définir l’espace rural : il s’agissait de l’espace agricole et forestier par opposition à l’espace urbain. Depuis cette époque, les mutations d’ordres économique, démographique, social et culturel de nos sociétés industrialisées ont entraîné une évolution des territoires ruraux caractérisée par une extension des espaces urbanisés, le développement de voies de communication, une banalisation de l’architecture rurale, la reconversion d’exploitations agricoles et la destruction de bâtiments agricoles traditionnels, l’uniformisation de certains paysages campagnards...
On assiste ainsi à une réduction constante progressive de la superficie agricole utile (SAU) totale. L’espace agricole est de plus en plus convoité et subit la concurrence d’autres affectations (équipements de loisirs, aménagements de routes, parcs d’activités économiques, habitations, etc.). La superficie agricole utile de la Wallonie s’élevait en 2009 à +/-745.000 hectares (44% du territoire wallon). Elle a diminué en moyenne de +/- 800 hectares par an depuis 1990 (avec des périodes de chute rapide comme entre 2004 et 2009 où la diminution moyenne fut de +/-3000 ha par an).
Les superficies consommées par les extensions de l’espace urbain expliquent en partie ce recul des surfaces affectées à l’agriculture. De manière générale, la compétition entre urbanisation et espaces agricoles ou naturels est forte.
Les diverses activités d’une société doivent trouver place pour s’exercer et s’épanouir. L’objectif poursuivi par l’aménagement est de rechercher un équilibre entre extension contrôlée de l’urbanisation et protection des espaces agricoles et naturels.
Les forêts privées appartiennent à +/-105.000 propriétaires (privés) dont 70.000 possèdent moins d’un hectare. L’étendue moyenne d’une propriété est de +/- 2,5 hectares; toutefois, le morcellement réel est encore accru par la répartition des propriétés en plusieurs lots.
Aujourd’hui, les critères les plus fréquemment utilisés pour définir la ruralité sont des critères d’ordres géographique (faible densité de population, mode de peuplement...); économique, politique (importance du secteur primaire, faible taux d’emploi...) et socioculturel (mode de vie, comportement solidaire...)
En Wallonie, l’exode rural est arrêté. L’évolution démographique récente des territoires ruraux (ainsi d’ailleurs que fonctionnelle et résidentielle) résulte de « flux croisés » de populations (très) différentes. D’un côté, les jeunes ruraux migrent vers les centres urbains pour achever des études ou trouver un emploi. De l’autre, un nombre croissant d’adultes actifs, le plus souvent avec enfants, dans des proportions suffisantes pour contribuer de façon importante à l’augmentation de la population active des territoires ruraux.
Certaines régions rurales ont acquis une fonction résidentielle importante qui menace leur personnalité. Cependant, aujourd’hui, l’atténuation de l’exode urbain vers les campagnes est une tendance générale en partie expliquée par le coût élevé des terrains constructibles dans les bourgs, villages et hameaux, et par les difficultés liées à la mobilité.
Elle est due également au fait que résider à la campagne entraîne des déplacements nombreux qui se font le plus souvent en voiture. Cette mobilité forcée peut être très coûteuse en frais de transport et en perte de temps.
Les zones rurales ont de multiples fonctions, dont profitent tant les citadins que les ruraux.
(Fonctions de) Production d’aliments, de matières ligneuses, de matériaux de biens, d’énergie
En 2003, les sources d’énergie(s) renouvelable(s) s’élevaient à près de 378,4 Ktonnes équivalent pétrole (KTEP), soit 2% de la consommation intérieure brute totale d’énergie en Wallonie. La biomasse (bois) constitue la principale ressource (93%). Or la Wallonie est déjà importatrice de biomasse pour la fabrication de panneaux et de papier. Ce déficit, d’environ 25% des besoins, est renforcé par la part de bois utilisée pour l’énergie, du même ordre de grandeur que les importations des industries (1.600 m3/an). La demande en énergie est estimée en hausse de 5 à 6% /an.
(Fonction de) résidence
L’exode rural de l’immédiat après-guerre s’est ralenti pour s’inverser au cours des années 1960, dans le centre du pays (la zone de polarisation de Bruxelles), et plus largement pendant la décennie suivante. Depuis plus de 30 ans, la campagne wallonne se repeuple, elle accueille de nouveaux habitants aux comportements urbains, demandeurs de services variés.
(Fonction) Sites d’activités de tourisme et de loisirs
(Fonction) Protection de l’environnement
Les écosystèmes naturels ou aménagés fournissent des services pour l’ensemble de la société, ils sont un immense réservoir de biodiversité. La consommation d’aliments sains est redevable du bon fonctionnement des écosystèmes ruraux.
Le rôle des forêts dans le stockage de carbone est important, +/- un tiers du territoire de la région est couvert par la forêt, ces espaces abritent de nombreuses espèces animales et végétales.
La Wallonie possède de nombreuses nappes aquifères et d’importantes ressources en eau souterraine.
(Fonction) patrimoniale
Patrimoine culturel immobilier et immatériel
Les campagnes abritent une part significative de l’histoire wallonne et européenne : bâtiments et vestiges, coutumes et savoirs, fêtes et folklore… La préservation de l’identité culturelle des zones rurales est aujourd’hui considérée comme un objectif important par la population et les pouvoirs publics. Les acteurs du programme européen y portent une attention toute particulière.

Action Chrétienne Rurale des Femmes (ACRF) – Mouvement féminin d’éducation permanente en milieu rural - www.acrf.be
Direction Générale de l’Agriculture : agriculture.wallonie.be
Etat de l’environnement en Wallonie : mrw.wallonie.be/dgrne/eew/
Fondation Rurale de Wallonie : www.frw.be
Réseau wallon de Développement Rural : http://www.reseau-pwdr.be/
Société royale forestière de Belgique : http://www.srfb.be/internet/fr/home.asp?SM=1